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Regarder fonctionner en 3D un département d'endoscopie qui n’existe pas encore

Mis à jour : oct. 2

Un hôpital québécois effectue des rénovations importantes et un agrandissement qui requièrent de déplacer certains départements. L’endoscopie est un de ces départements et il sera complètement réaménagé dans un nouveau secteur. On veut intégrer à ce nouvel aménagement plusieurs améliorations identifiées au fil des ans. On souhaite notamment intégrer à même le département d’endoscopie, l’unité de retraitement des dispositifs endoscopiques. On se retrouve donc avec plusieurs interrogations sur le fonctionnement futur du département : Aménagement, nombre de salles d’évaluation, dimensions des salles d’attente, nombre de civières, de scopes de chaque types, d’employés et de postes à l’URDE, logique de fonctionnement. Toutes ces questions sont sources d’inquiétudes.



Objectifs

Afin de mieux répondre à ces questions, on souhaite donc créer un modèle informatique du futur département que l’on pourra faire fonctionner virtuellement pour observer son fonctionnement, mesurer sa performance et amélioration sa conception. Pour ce faire, on utilise la simulation informatique des processus et des opérations à l’aide d’un logiciel spécialisé, FlexSim.


Étapes du projet

La première étape est de recueillir les informations et données nécessaires pour bâtir ce modèle :

  • Distribution des arrivées de patients selon leurs types et leur gravité

  • Plan d’aménagement détaillé proposé du secteur (places en salles d’attente, salles d’évaluation, vestiaires, casiers, salles d’intervention, URDE, salle de réveil)

  • Nombre d’équipements de chaque type (civières, scopes, lits)

  • Nombre de personnes de chaque type (préposés, infirmières, médecins, employés URDE)

  • Processus suivi par les patients

  • Distribution des temps d’opérations pour chaque étape du processus

Toutes ces données constituent les hypothèses qui serviront à bâtir le modèle. La validité du modèle et de ses résultats est entièrement dépendante de ces données.


Ensuite, on bâti le modèle dans le logiciel FlexSim et on simule virtuellement une journée d’opération du futur département. On mesure les résultats de la simulation que l’on compare aux résultats attendus. On simule ensuite des scénarios alternatifs ou des changements afin de résoudre les problèmes observés.


Résultats

Lorsqu’on a simulé virtuellement une journée typique d’opération dans le futur département d’endoscopie on n’arrivait pas à réaliser tous les cas souhaités dans la journée. Ce sont les salles d’intervention qui sont goulots étant occupées sans arrêt du matin au soir avec 6-7 min de transition entre chaque cas. Ce sont ces salles qui limitent le nombre de patients. Le mieux que le futur département virtuel est capable de faire est 25% de moins que l’objectif visé.


Ceci est surprenant et choquant pour les personnes impliquées dans le projet car on ne s’attendait pas à un problème aussi fondamental dans le plan du futur département. Le nombre de salles d’interventions était déjà fixé dans le futur aménagement. On s’attendait à ce que le modèle nous aide à répondre à des questions mais le nombre de salles d’interventions n’étaient pas une de ces questions !


Évidemment, tout ceci repose sur les hypothèses et les données recueillies. La seule façon d’arriver à des résultats différents est de changer ces hypothèses de base mais, dans ce cas-ci, elles ont été évaluées, réévaluées, analysées et discutées suffisamment pour être valables.


Mais la simulation arrive tout de même à quelque chose de contraire à ce qu’on espérait, à ce qu’on voulait.


Conclusion

La simulation arrive parfois à des résultats surprenants et même décevants et c'est justement sa force. Quand on fait un calcul dans un chiffrier ou sur une calculatrice on simplifie le problème au maximum et on arrive à des résultats très approximatifs.


Certains systèmes sont beaucoup plus complexes que ça et le calcul simple donne une réponse irréaliste. C'est le cas de ce département d'endoscopie où la simulation était requise.


Mais pour éviter des mauvaises surprises, il est préférable de faire la simulation d’un futur système suffisamment à l’avance pour qu’il ne soit pas trop tard pour faire des changements aux plans.

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